Samedi 11 juillet 2009

Par Bertrand Guillonneau
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Samedi 11 juillet 2009

Oui la baie de New York est plein de limules. C’est vraiment laid je trouve, cette grosse carapace préhistorique, la longue queue pointue de rat et ces petites pattes .

On trouve dans les marais de la baie leurs carapaces échouées ou comme celle-là flottant dans les eaux de la Gateway Marina et l’idée que je puisse nager dans la même eau me dégoûte déjà. Je ne sais pas d’où me vient cette nausée réelle et enfantine. Leurs petites pattes je crois, une idée de poux monstrueux ; je ne trouve aucune grâce à leur fourmillement agité. J’imagine qu’elles ne dévorent que des cadavres mais les crabes qui en font autant me sont plus sympathiques avec leurs grosses pinces asymétriques et leurs démarches incongrues, l’idée de leur fuite permanente, et ce n’est pas la couleur de leur sang, bleu parait-il, qui me les rende plus intéressantes, au contraire.

On me dit que certains les mangent mais je suis sûr que ce n’est pas pour moi. La limule m’évoque plutôt un monstre imaginaire et ce n’est que chez Adèle qu’elle me font un peu sourire.

 

 

On doit chacun avoir des objets ou des animaux phobiques. Il m’aura fallu que je vienne ici pour rencontrer le mien.


Par Bertrand Guillonneau
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Dimanche 5 juillet 2009





Par Bertrand Guillonneau
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Dimanche 18 janvier 2009

Cette fois c'est officiel, je déménage, mais je vous laisse ma nouvelle adresse où vous pourrez continuer à me suivre:

<http://www.voilesetvoiliers.com/club/blogs/blogs_pro>

où en tapant directement là-dessus.

C'est encore en construction, pas fini, mais l'essentiel y sera, je ferai joli plus tard.

Ça fait sérieux, ce 'pro' à la fin, et ma tête au dessus de celle de Jean-Yves Bernot.
J'essaierais d'être à la hauteur...




Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : En course
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Dimanche 11 janvier 2009
Il y a une question récurrente qu'on me pose à l'envie sur mes nuits à bord. Comment fait-on la nuit ? L'idée du pilote ne semblant pas très rassurante à certains de mes interlocuteurs, ce en quoi il n'ont pas forcément tord.
Souvent, j'attends alors la proposition la plus vraisemblable que cette question appelle.
Bien sûr je pourrais répondre d'emblée et parler de sommeil mammalien, de siestes, de sommeil paradoxal et d'autre profond, me lancer dans la science des rêves, mais vous pouvez tout aussi bien apprendre tout cela en lisant les notes en italien sur le site de Cristina. Ou en français, dans un article récent du Monde, mais si vous n'êtes pas abonné il vous faudra payer. Je peux vous le fournir si vous voulez. En bref, et en résumé, c'est formidable ce que l'organisme peut faire avec un bon entraînement et un peu de volonté, etc..
Mais revenant à mon interlocuteur curieux.
"Vous ancrez?"
La première fois, j'ai été dérouté par la proposition et je suis reste béatement muet; je n'y avais pas pensé, je dois bien l'avouer. Mouiller en plein mer, ce n'est pas une si mauvaise idée quand on y pense, et logique en un sens. C'est sûr, il y a peut-être moins de risque de collision -ce que je crains le plus maintenant c'est de rentrer dans le bateau de Desjoyeaux ou de Jourdain-, et puis cela permettrait de dormir son soûl. Ce serait plus calme, bercé par les vagues, etc...
Et de fait, quand on regarde sur l'encyclopédie universowebis, il n'est pas indiqué de profondeur maximale au mouilage:
L’équipement d’ancrage
[modifier]

Les équipements d’ancrage incluent l'ancre, la ligne de mouillage, la méthode permettant d’attacher les deux ensemble, la façon d'attacher la ligne de mouillage au bateau, des cartes, et une méthode pour connaître la profondeur de l'eau.

Les cartes de détail sont vitales pour un bon ancrage. Connaître la position des dangers potentiels, aussi bien que pour permettre d’estimer les effets du temps et des marées dans le mouillage, est essentiel pour sélectionner le bon endroit pour laisser tomber l’ancre. On peut ancrer sans se référer aux cartes, mais ce sont des outils importants pour réaliser un bon ancrage et un marin compétent ne choisira pas d'ancrer sans elles.

Connaître la profondeur de l'eau est nécessaire pour déterminer le rapport de hauteur d’eau, qui est le rapport de la longueur de la ligne de mouillage par la profondeur mesurée à partir du point le plus élevé (habituellement le davier d’étrave) au fond de la mer. Par exemple, si la profondeur d’eau est de 8 mètres, et le davier d’étrave à 1 mètre au-dessus de l'eau, le rapport de hauteur d’eau est égal à la longueur de ligne de mouillage sur 9 mètres. C’est pour cette raison qu’il est important d’avoir une méthode fiable et précise pour mesurer la profondeur de l'eau.

Une ligne de mouillage est constituée de chaîne, de cordage où d’une combinaison des deux. Ni le cordage, ni la chaîne ne sont fondamentalement supérieurs, ils ont chacun leurs avantages et les inconvénients. Il est cependant indispensable d’insérer un élément élastique, cordage ou amortisseur, dans la ligne de mouillage, ceci afin d’absorber les à-coups qui peuvent se produire sur le mouillage.


La deuxième fois j'ai expliqué que non je ne mouillais pas et je suis rentré dans des explications chronobiologiques qui sont encore plus effrayantes, les siestes de chats (cat napping), les portes d'entre dans le sommeil (sleep doors), les siestes en séries (cluster napping), etc...mais je voyais bien que ces réponses n'étaient pas exaltantes, pas satisfaisantes. La science du sommeil c'est assez rébarbatif quand on sait comment se coucher tous les soirs, et tout cela fait encore plus peur que passer 2 semaines tout seul.
Maintenant, quand on me pose la question, je mens.


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Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : En course
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Lundi 5 janvier 2009
J'ai ajouté une fenêtre à ce blog, Où est Zinzolin?

Vous pouvez l'ouvrir et suivre en direct la navigatiion et la position de Gaspard qui convoie, avec Paul, Zinzolin de Cascais à  Porto Santo. Le système a été créé par Laurent Barne et est un vrai outil rassurant pour le père que je suis, et pour vous tous qui voudrez suivre ma course en direct, avec quelques états de l'humeur à bord.

Il suffit d'un iridium, et éventuellement un PC, pour envoyer ses emails, mais on peut aussi l'utiliser directement de son iridium.

C'est un magnifique outil que chacun peut utiliser en prenant un compte auprès de Laurent directement.

Cristina l'utilise également avec bonheur, vous pouvez également relire ses notes de sa première étape, en attendant les prochaines!

Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : En course
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Mardi 30 décembre 2008
Le rendez-vous s'approche, jour après jour un peu plus. Je recommence à y penser vraiment sérieusement, préparer mes affaires, trier les cartes, regarder la météo, savoir où est l'anticyclone, comment s'installe l'alizé.
J'ai finalement acheté par l'intermédiaire de Bernard de Ravignan, d'AD Nantes, le toujours prêt à filer le bon coup de main et sortir les concurrents de la TQS de la panade, une nouvelle pile, amarinée celle-là, et qui devrait me permettre de ne pas me soucier de mes besoins énergétiques, allumer mon "home cinéma" à bord pendant les coups de blues et revoir les Tontons Flingueurs en flux continu...
Très compréhensif de mes soucis, Jérôme Mazabraud auprès de qui j'avais acheté ma pile EFOY 1600 m'a remboursé de mes frais. La pile est toujours au SAV et le temps pressant, je ne pouvais plus prendre le risque de ne pas l'avoir prête à mon départ. Une chose de régler finalement...

Pour le reste, je me débrouillerais, sachant qu'il me faut faire attention, tout le temps, encore plus maintenant après la mésaventure de Yann Eliès sur Générali, écoutez le...On ne sait pas ce qui peut arriver, d'une seconde à l'autre et comment parfois cet environnement est hostile; quand la fatigue s'y mèle, on n' apprécie plus comme il faut les dangers, on ne sait pas les anticiper.

Les voiles sont prêtes, le bateau sain, et pour peu qu'il y ait du portant, je crois encore que les Pogo 8.50 pourront tirer leur épingle du jeu, malgré le coefficient d'handicap de l'IRC, et même si je ne me sens pas prêt du tout.
Une préparation comme celle-là, à 5000 km de distance, c'est finalement une mauvaise idée que je ne recommencerai pas, j'aurais au moins appris cela. Si mon projet de Route du Rhum 2010 se précise -et il se précise, je vous en dirais plus après cette TQS-, je m'entraînerais mieux, c'est à dire régulièrement, le bateau à côté de moi. Sinon, c'est trop irréel, trop d'inquiétude à gérer avant sans oublier que ce sera un nouveau bateau qu'il me faudra connaître et maîtriser. Bon, je n'en suis pas encore là, j'ai encore bien des choses à apprendre.

Bon Noël à vous, je ne parle pas des vœux. Soyez fabuleux sur l'eau...Pour moi? Une jolie course, et ce sera déjà un très bon début d'année 2009.
Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : Préparation
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Vendredi 19 décembre 2008
À Brooklyn, dans le quartier de Red Hook, le long de vieux docks délabrés et d’entrepôts plus moins en ruine, il y a un bar échoué là. Un bar tout petit, coincé au milieu d’anachronismes et de places vides, de barbelés apeurant et de sacs en plastique accrochés par le vent, qui date certainement du temps où ces docks était vibrant d’activité : le Sunny’s bar.
C’est Patrick Erouard qui me l’a fait connaître un dimanche de Décembre puisque le premier de chaque mois s’y donne une lecture : des auteurs y viennent y lire un chapitre de leur dernier roman et répondre aux questions. D’autres soirs s’y jouent des jam sessions.
Des vestiges de marine, des ex-voto, des pavillons, des chromos de vieux steamers, un peu de mécanique cuivrée pour l'ambiance. Le bar est plein à craquer de gens venus de nul part comme à la moindre occasion on raconte que se forme dans le désert un attroupement. On y vient simplement, le cidre chaud au rhum se laisse boire facilement quand dehors il bise un vent que rien n’arrête. C’est à la fois un retour dans le temps, un moment arrêté et un élan de vie préservée: un endroit improbable du temps que New York était donc un port actif.
Si vous passez par New York, je vous le conseille. On y aborde en prenant le water-taxi qui part tous les vingt minutes du Pier 11 et vous y prépare par une traversée de l’East River, une mise en condition. Il faut fermer les yeux en passant devant le cube bleu et jaune d’une entreprise suédoise d’ameublement intérieur, et dès qu’on l’a dans le dos, on y est presque, un autre monde. Si on décide de se retourner quand même, en choisissant le bon angle on aura une vue saisissante sur la statue de la Liberté, Euridice fidèle qui vous y suit.

Par Bertrand Guillonneau
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Mercredi 17 décembre 2008
Je me pince un peu pour me dire que dans 5 semaines je serai à Porto Santo, le 21 exactement. Enfin en principe.
Le 21 au matin je serais à Funchal plus exactement et ensuite je ferais du bateau-stop pour arriver à Porto Santo.
Cristina m'a proposé de l'accompagner sur son Zenzéro, de Quinta del Orte où je dois la rejoindre pour qu'elle m'emmène à Porto Santo et retrouver mon Zinzolin, les 2 Pogo 8.50 en Z et en solitaire de la Transquadra.
Reprendre la mer donc dans le canal entre Madeira et Porto Santo pour me réhabituer à la mer après près de cinq mois d'absence, ça va me faire tout drôle.
Retrouver mon bateau et tout remettre en ordre ou à peu près, me rassurer sur les détails d'importance qui embrument ce dernier préparatif.
La première partie me semblait plus simple finalement, les abris n'étaient pas si loin et je pouvais toujours imaginer revenir à terre, ce que j'ai donc fait. Là, après quelques jours il n'y aura plus d'autre issue possible que d'arriver de l'autre côté, quoiqu'il arrive. Et je dois avouer que mes problèmes électriques, toujours non résolus (merci EFOY) m'inquiète. J'en suis à imaginer acheter une nouvelle pile à combustible, encore des frais non prévus. Si cela marche, le reste ira, j'en suis sûr.
Il me tarde maintenant d'être là-bas à bon port, retrouver mes amis de course, me sentir à pied d'œuvre.
Noêl, puis le premier de l'An et il faudra déjà penser à repartir. En attendant je regarde comme tant d'autres le Vendée Globe, peinant à imaginer ce qu'il leur arrive, c'est leur affaire et les imaginer ne m'apprendra rien; pourtant je ne peux m'en empêcher.
Faire une course propre, suivre une route élégante. Ce serait un beau cadeau d'anniversaire; on en reparlera sur l'eau.

Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : Préparation
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Vendredi 5 décembre 2008
En attendant le transfert d'adresse de ce blog, je continue ici ma préparation intensive.

Un week-end de pluie à New York, je suis entré dans une des galeries d’art de Chelsea, la galerie Gagosian, sans savoir où ce détour me mènerait.

Une immense salle, un ancien atelier ou un entrepôt, une exposition de photographies de mer d’Hiroshi Sugimoto.

La première salle, toute blanche montre sept photographies en noir et blanc de grand format, 150 x 100 cm peut-être, des vues de mer dont l’angle de vue laisse penser qu’elles ont été prises d’une certaine hauteur, comme sur le rebord d’une falaise. L’horizon est à la même hauteur sur toutes, comme une ligne floue qui lie ces sept images. La mer est toujours calme, sans présence humaine, originelle. Il s’agit de « mers » différentes, la Manche, la mer du Japon ou des mers méditerranéennes, mais aussi le Lac Supérieur. Certaines vues sont nettes, et d’autres floutées par une brume matinale ou un brouillard ; parfois le soleil y perce qui se reflète au loin rajoutant un troisième camaïeux de gris comme dans une toile de Mark Rothko.

On passe ensuite dans la deuxième salle aux murs noirs et c’est à tâtons qu’on y rentre car elle est plongée dans l'obscurité pour retrouver exposées sept autres vues de mer prises de nuit et seulement éclairées par une lumière directionnelle parfaitement cadrée qui donne l’impression que l’éclairage vient de derrière les photographies, les exposant comme par transparence. D’autres mers ; parfois la lune qui éclaire toute la surface de l’eau mélange les sens et inverse et l’orientation et le temps, comme une photographie prise de jour et installé tête-bêche. Dans le noir de la salle on s’y perd.

Il règne un grand silence, les visiteurs s’attachant à garder le calme qui se dégage de ces vues et de cette installation,  le caractère sacré des vues du début du monde qu’un simple souffle, un mot pourrait troubler et faire disparaître.

En anglais on parle de « seascapes », j’ai du mal à trouver le néologisme français équivalent, et du fait j’y pense encore, ému par ces reflets argentiques qui me poursuivent.

Voilà comment je me prépare à New York sans avoir fait de bateau depuis Août, sans savoir dans quel état je retrouverais Zinzolin dans quelques semaines à Porto Santo. Je fais comme je peux, m’attendant au pire je recherche quelques endroits de sérénité.

Par Bertrand Guillonneau - Publié dans : Préparation
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Où est Zinzolin ?

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